Une liste officielle, de 1990
Le Japon ne laisse pas cela aux blogs de voyage : le ministère de l'Environnement a publié en 1990 une liste des cent plus belles cascades du pays, et les quatre ci-dessous y figurent. C'est une sélection nationale plutôt qu'un classement, même si Fukuroda est couramment décrite comme la troisième plus belle du pays, après Kegon et Nachi. Ce que la liste ne dit pas, c'est le concret : horaires, plateformes d'observation, téléphériques et éventuels droits d'entrée dépendent des gestionnaires locaux et changent. Nous n'avons vérifié ni tarifs ni horaires pour aucune d'elles : consultez la page du gestionnaire avant de bâtir la journée. Ce que nous pouvons dire, c'est ce qu'est chaque chute, où elle se trouve et avec quoi la combiner.
Kegon, au-dessus de Nikko
La cascade de Kegon tombe d'environ 97 mètres depuis le lac Chuzenji, dans le parc national de Nikko, près de la ville de Nikko, préfecture de Tochigi. Le lac est la source de la rivière Oshiri, et la chute existe parce que des coulées de lave ont détourné la rivière Daiya ; une douzaine de cascades plus petites suintent des fissures entre la montagne et la lave, derrière et sur les côtés du saut principal, détail qui vaut l'arrêt au belvédère. En 1927, Kegon a été désignée parmi les Huit Vues montrant le mieux le Japon et sa culture. Un avertissement honnête : à l'automne, la route de Nikko vers Chuzenji peut avancer au pas tant les visiteurs viennent pour les feuillages, partez tôt ou en semaine. Nikko couvre une vaste part du Tochigi rural, à environ 140 kilomètres au nord de Tokyo, et ses 103 édifices de sanctuaires et de temples sont inscrits à l'UNESCO depuis 1999.
Nachi, la plus haute chute d'un seul jet
La cascade de Nachi, à Nachikatsuura dans la préfecture de Wakayama, tombe de 133 mètres d'un seul jet sur 13 mètres de large, ce qui en fait la plus haute chute d'un seul tenant du Japon. Des chutes japonaises plus hautes existent si l'on admet plusieurs paliers : Hannoki, 497 mètres, saisonnière, et Shomyo, 350 mètres, à l'année. Ce qui distingue Nachi, c'est qu'il ne s'agit pas d'un décor mais d'un lieu de culte. Deux rochers au sommet sont les kami gardiens de la chute et du sanctuaire shinto voisin, et chaque matin tôt le prêtre shinto fait des offrandes à la cascade lors d'un rituel. Un temple bouddhiste s'y trouvait aussi, détruit lors de la restauration de Meiji, à la fin du dix-neuvième siècle. Comportez-vous comme dans tout sanctuaire : saluez au portail, parlez bas, demandez avant de photographier quelqu'un.
Fukuroda, quatre paliers à Ibaraki
La cascade de Fukuroda, dans la commune de Daigo, préfecture d'Ibaraki, atteint 120 mètres à son point le plus haut et 73 mètres de large, et descend en quatre paliers principaux. C'est un site classé au niveau national pour sa beauté, inscrit parmi les cent de 1990, et couramment décrit comme la troisième plus belle cascade du Japon, après Kegon et Nachi. La falaise qu'elle franchit s'est formée il y a quelque 15 millions d'années à partir d'éjectas volcaniques, d'où sa forme en marches plutôt qu'à pic. C'est aussi la plus simple des quatre à rejoindre sans voiture : la gare la plus proche est Fukuroda, sur la ligne JR East Suigun, à 3 kilomètres. Le dernier tronçon relève des bus, taxis ou de la marche sur place, et nous ne pouvons rien promettre là-dessus pour votre journée : renseignez-vous en arrivant.
Shiraito, du côté du Fuji
La cascade de Shiraito, à Fujinomiya dans la préfecture de Shizuoka, ne fait que 20 mètres et appartient à une histoire plus vaste. Elle fait partie du parc national de Fuji-Hakone-Izu, est protégée comme monument naturel depuis 1936 et a été inscrite en 2013 au patrimoine mondial au titre du site culturel du Fujisan, la même inscription que la montagne. Elle était tenue pour sacrée dans le culte du Fuji, et c'est pour cela qu'elle figure sur cette liste, et non pour le seul paysage. Si vous passez déjà une journée autour de la montagne, c'est l'arrêt qui s'intègre : une autre chute, Otodome, un peu plus haute avec 25 mètres, se trouve à environ cinq minutes de marche, les deux se visitent ensemble sans organisation.
Quand y aller, et avec quoi les associer
L'automne est la saison que tout le monde veut, et aussi celle où les routes se bloquent. Les couleurs d'automne au Japon vont généralement de fin octobre à début décembre et bougent avec la météo : aucune date ne se réserve sans risque un an à l'avance. Kegon est le cas le plus net, car le feuillage qui justifie le voyage remplit aussi la route depuis Nikko. L'été apporte la pluie et les typhons, bon à savoir avant de s'engager dans une vallée de rivière.
Les associations sont simples. Kegon appartient à une journée à Nikko, avec les sanctuaires et les temples. Shiraito appartient à une journée autour du Fuji ou de Kawaguchiko. Nachi est un voyage à Wakayama, la préfecture du Koyasan. Fukuroda est une petite journée de train depuis la plaine du Kanto. Côté réseau, les notes de notre opérateur indiquent que montagnes et zones isolées peuvent rester hors de portée : téléchargez les cartes avant. Goodbars vend une eSIM Japon que vous installez chez vous et activez à l'atterrissage ; elle fonctionne sur NTT docomo, le premier réseau mobile du Japon en nombre de contrats mobiles, et notre page de couverture pour le Japon montre où ce réseau est disponible et ce que mesurent les tests de débit indépendants.






